Réforme des retraites : le gouvernement empêtré, saison 2

Réforme des retraites : le gouvernement empêtré, saison 2

À peine nommé à la tête du gouvernement, Jean Castex souhaite inviter dès mercredi les partenaires sociaux à la table des négociations pour aborder la question de la réforme des retraites et son cortège de crispation : âge pivot, pénibilité, … Mais à l’aube d’une crise économique, ni le patronat, ni les syndicats ne semblent disposés à rouvrir le dossier.

Chose rare, le patronat et les syndicats de salariés sont d’accord sur un point : il est urgent d’attendre avant de soulever à nouveau l’épineuse question de la réforme des retraites. À l’inverse, le nouveau Premier ministre, Jean Castex, compte solder le dossier “à court terme”. Il a d’ailleurs prévu de commencer à recevoir les partenaires sociaux dès mercredi 8 juillet. La nouvelle ministre du Travail, Élisabeth Borne, a en outre indiqué que le dossier des retraites passait du giron du ministère de la Santé à celui du Travail et que le dialogue reprendrait “prochainement”.

À première vue, les syndicats ne sont pas opposés à l’idée d’une rencontre. “Cela nous semble important de pouvoir discuter avec le Premier ministre pour lui exposer les urgences économiques, environnementales et sociales de la situation post-Covid. Mais s’il s’agit d’entendre la même ritournelle qu’avant la crise sanitaire, alors nous n’aurons pas de temps à perdre”, martèle à France 24, Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT. “Ce n’est pas le moment de remettre de la tension, du conflit, alors même que les suppressions d’emplois tombent par milliers, a assuré plus tôt Yves Veyrier, secrétaire général de FO, le sujet des retraites : c’est de la nitroglycérine”.

Ne pas “créer de l’incertitude”

Pour le Medef aussi, le débat arrive trop tôt. Les entreprises, en pleine restructurations pour affronter la crise, utilisent les leviers mis actuellement à leurs dispositions. Parmi eux, “ils envoient de nombreux salariés en pré-retraite déguisée dans un système de bricolage qui s’appuie sur le chômage pour apporter de la souplesse à leur fonctionnement. S’ils n’ont plus cette possibilité avec la réforme, ils seront obligés de procéder à des licenciements secs plus traumatisants pour tout le monde”, estime Rémi Bourguignon, professeur des universités chez IAE Gustave-Eiffel. Raison pour laquelle Geoffroy Roux de Bézieux, patron des patrons, insiste lui aussi pour “mettre sur pause” la réforme. “C’est pause pour reprendre, pas pause pour jamais.”

Une chose est sûre, si le gouvernement se lance dans ce chantier, “il ne faut surtout pas que cela traîne en longueur. Car le pire dans le domaine de l’emploi est de créer de l’incertitude, poursuit Rémi Bourguignon. Les réformes ne passeront que si le gouvernement parvient à régler le dossier avant l’été. Or cela paraît compliqué, car le simple fait d’aborder la question fait déjà débat”.

admin

Leave a Reply

Your email address will not be published.